Visa pour l'Image

À travers cette exposition, Vincent Munier invite les visiteurs de Visa pour l’Image à déployer leurs ailes pour un voyage poétique tout naturel, sans frontières géographiques, avec la beauté du monde sauvage pour horizon.

Un voyage en quête de lumières, d’abord: celles, subtiles, des moments crépusculaires du petit matin et du soir; la lumière aveuglante de la neige, la lumière ouatée de la brume; celle du clair de lune, celle qui subsiste même dans la nuit noire. Un voyage en quête de rencontres, bien sûr : un bestiaire sauvage s’expose ici, de la minuscule fourmi au grand cerf, du modeste moineau à la panthère des neiges, de l’invisible lièvre arctique à l’ours polaire.

La rencontre avec l’oiseau est bien souvent la plus fugace – le temps d’un froissement de plumes… il a déjà glissé ailleurs. Les plus grandes espèces offrent davantage de temps au photographe pour penser son cadrage, en prenant la pose: grues du Japon en parade amoureuse sous la neige, manchots empereurs serrés en colonie pour affronter le blizzard, harfangs des neiges en chasse dans les vastes étendues blanches.
Pour rencontrer les grands mammifères terrestres (ours brun, ours blanc, lion d’Afrique, loup arctique…), l’approche est différente : le photographe acquiert une connaissance fine des milieux et territoires sur lesquels ils évoluent, et se fait pisteur. Il lui faut lire les traces plus ou moins ténues des passages répétés des animaux, repérer les places de chasse, de parade ou de repos, afin de pouvoir élire le meilleur poste d’observation pour dresser son affût, ou simplement s’allonger à ras de terre, sous un filet de camouflage, derrière un rocher ou sous le couvert végétal. Se fondre dans le décor, masquer son odeur, émettre le moins de sons possible; l’activité est solitaire et la magie opère bien plus facilement si le photographe est seul sur le terrain, tous ses sens en éveil.

Quel que soit le continent, quel que soit le paysage arpenté, qu’il soit finalement tout proche ou extrême, les moteurs sont les mêmes pour Vincent Munier: vivre et revivre l’espoir d’avoir choisi «le bon endroit, le bon moment», le frisson de l’attente, et l’émerveillement lorsque la bête surgit.

Montrer la beauté du monde a-t-il encore du sens aujourd’hui, à l’heure où chaque strate de notre environnement se trouve dégradée, où quasi chaque objet de notre quotidien masque un désastre écologique ?

Vincent Munier se pose cette question depuis de nombreuses années et la soumet avec sincérité au public de Visa pour l’Image et à ses confrères du photoreportage. Célébrer la beauté de la nature ou témoigner des atteintes qui lui sont faites : les deux démarches ont sans doute leur place et relèvent d’un engagement qui peut être tout aussi profond et lucide.

Chacun d’entre nous a besoin de côtoyer la beauté dans son existence. Et notre émerveillement, doublé d’une meilleure connaissance / éducation à l’environnement, a indubitablement pour corollaire le désir de le protéger. «Se contenter du monde, lutter pour qu’il demeure», écrit Sylvain Tesson. Dans cette lutte, l’humilité et la responsabilité des humains face au reste du monde vivant devraient peser le même poids et marcher ensemble.


L'été polaire

En 2021, la France accueillait la réunion consultative du Traité sur l’Antarctique, signé en 1959 ; en parallèle d’une saison culturelle et scientifique proposée au grand public tout l’été polaire.

Alors que la planète se réchauffe inexorablement, que la banquise, le pergélisol, les glaciers et les calottes glaciaires fondent dramatiquement et que le niveau des océans ne cesse de monter, notre fascination pour les pôles, au nord comme au sud, ne cesse de grandir. Notre inquiétude également, car l’Arctique, l’Antarctique et le Subantarctique sonnent l’alerte climatique.
26 villes de France accueillent les photographies très grand format de Laurent Ballesta et Vincent Munier. Au travers de leurs regards croisés, la dualité des banquises arctique et antarctique se révèle : désertique ou surpeuplée, harmonieuse ou désordonnée, silencieuse ou assourdissante. Vincent Munier sur la glace et Laurent Ballesta sous la surface.


Centre Jean Giono

Le photographe Vincent Munier témoigne depuis des années de la beauté et de la fragilité de la Nature. Il développe un parti-pris engagé et défend l’idée que l’homme doit observer et s’adapter au monde auquel il appartient. Lors de ses voyages photographiques il s’attache à montrer la beauté des vastes espaces sauvages, où la nature n’est pas encore transformée par l’homme. Le regard et la sensibilité du photographe sur le monde rappellent la vision et l’écriture de Jean Giono. De cette évidence est née l’idée d’une exposition où Vincent Munier, inspiré par l’émotion que lui procurent les textes de l’écrivain, propose une sélection inédite de photographies.

Exposition conçue et mise en place par le Centre Giono, la fondation Carzou, et les Nuits Photographiques de Pierrevert.


BPALC

Cette exposition nous entraîne sur les traces d’animaux rares et lointains. De l’Arctique à l’Antarctique, en passant par le Kamtchatka (Russie), le plateau du Tibet ou l’île d’Hokkaïdo (Japon), les rencontres sauvages qu’il réalise dans les grands espaces sont le reflet d’une quête de solitude et de beauté : silhouettes mouvantes dans la brume et bêtes camouflées, ombres animales et portraits tout en finesse lui donnent vie.

Il nous dévoile ses rêves, ses émotions et ses rencontres. Inspiré par les estampes des peintres japonais et l’art minimaliste, son travail met en scène l’animal au cœur de son environnement. Des espèces telles que la panthère des neiges, le loup blanc, l’ours polaire, le harfang des neiges, le bœuf musqué …

À travers ses images, nous sommes invités à prendre le temps de respirer, à embrasser la sérénité des vastes solitudes… à faire un pas de plus vers cette nature fragile.

Au travers d’un guide de visite grâce à la reconnaissance d’image, la visite est enrichie par la voix de Vincent, qui raconte les conditions de prise de vue et dévoile les coulisses de prises de vue de ses photographies, complétées par des bonus vidéo.


Muséum Nationale d'Histoire Naturelle

Du 10 décembre 2016 au 16 mai 2017, le Muséum national d’Histoire naturelle enrichit sa programmation spéciale « ours » et accueille le photographe naturaliste Vincent Munier. Une soixantaine de clichés exceptionnels met à l’honneur les ours bruns et blancs dans leurs milieux sauvages en Russie et dans l’Arctique canadien. Une proposition immersive poétique au cœur du Jardin des Plantes, complémentaire de l’exposition « Espèces d’ours » dans la Grande Galerie de l’Evolution.

Présentation de l’exposition

« Une forêt sans ours n’est pas une vraie forêt », disait le naturaliste suisse Robert Hainard. Et tous s’accordent aujourd’hui pour dire qu’une banquise sans ours n’est pas une vraie banquise non plus.

Cette exposition est une invitation à découvrir l’univers des ours, bruns comme polaires, à travers le regard singulier du photographe Vincent Munier. Plusieurs années ont été nécessaires pour réunir ces images, réalisées tantôt sur les glaces de l’Arctique canadien et du Spitzberg, tantôt dans les forêts sauvages de Finlande, ou même à l’ombre des volcans du lointain Kamtchatka.

Aujourd’hui encore, l’ours est cet animal mythique qui a frappé l’imagination de nos ancêtres et s’est terré dans nos contes et légendes. Il est la bête sauvage par excellence, qui parfois fait naître la peur. Une peur utile d’ailleurs, gage de distance et de respect. Sur les traces du photographe, sachons à notre tour entrer à petits pas dans l’intimité des ours…

Quelques mots de Vincent Munier

Ours brun (Ursus arctos)

« ‘Kamtchatka !’ Ce nom a longtemps résonné en moi, comme un appel venu de loin, de ces terres vierges et inaccessibles. Lorsque j’ai foulé ce paradis terrestre pour la première fois, une puissante émotion m’a saisi. Et des larmes de bonheur ont surgi. Dans le sillage du photographe japonais Michio Hoshino, je me suis fondu dans les paysages démesurés du Kamtchatka et je suis parti à la rencontre du plus illustre représentant de sa faune exceptionnelle, que j’avais déjà eu la chance d’observer en Slovénie ou en Finlande : « Kobalann », l’ours dans la langue des Évènes de Sibérie. »…

Ours blanc (Ursus maritimus)

« Enfin, me voilà dans l’Arctique canadien ! Sous les ailes du petit avion, les derniers villages inuit disparaissent dans l’immensité blanche. Tant de préparatifs, de vols et de contrôles avant de pouvoir enfin vivre mon rêve : être seul au bout du monde, sur les terres du loup arctique et de l’ours polaire. […] Ici, le photographe que je suis préfère garder l’ours à distance : ce géant est bien plus fort que moi. « Nanuk » est un dieu errant dans la mythologie inuit, symbole de puissance et de courage. J’ai conscience d’être sur son territoire en permanence et il hante presque mes pensées : lorsque mon traîneau freine derrière moi ou se bloque, je me figure souvent un ours posant la patte dessus, comme pour me lancer : Toi, là, où penses-tu donc aller comme ça ?»…